J’intervenais dans un collège auprès d’élèves d’une classe de 6ème pour pratiquer mes ateliers médiation en groupe de 15 enfants.

Lors de cette intervention, j’ai mis en situation les élèves pour qu’ils prennent conscience de ce qui se joue dans tout conflit avec une tierce personne et, pour qu’ils comprennent comment agir pour traiter le désaccord.

Après plusieurs ateliers, les élèves ont participé à mon module “harcèlement via les réseaux sociaux”. J’ai demandé à la Conseillère Principale d’Education (CPE), qui m’accompagnait dans cette intervention, d’identifier les élèves qui avaient plutôt tendance à subir le comportement des autres. Ceci, afin de leur attribuer le rôle de “l’élève agresseur”. Et inversement, pour les élèves qui avaient tendance à provoquer les autres, je leur ai fait jouer le rôle de “l’élève victime”.

Il y avait ce jeune garçon, timide, discret et plutôt replié sur lui-même, qui suivait mes ateliers puis mon module concernant les réseaux sociaux. La CPE m’avait indiqué qu’il était souvent seul dans la cour de récréation et avait tendance à subir le comportement d’autres élèves plus sûrs d’eux.

Un jour, alors que j’attendais dans le hall du collège, je me suis retrouvée assise à côté d’une maman. Elle a aperçu un de mes support de communication et m’a interpellée pour savoir si j’étais la personne qui proposait des ateliers médiation à des élèves de 6ème du collège.

Je lui ai confirmé l’information. Elle m’a alors fait part de sa satisfaction et m’a remerciée pour le travail que j’accomplissais avec les élèves car son fils y participait aussi et, il en était ravi. Elle m’a également confié avoir trouvé un changement positif dans son comportement, notamment dans sa communication. Cet enfant, par ailleurs, se faisait suivre sur le plan psychologique, en dehors de l’établissement scolaire.

J’ai vite compris qu’il s’agissait de la maman du jeune garçon timide et discret que j’avais bien repéré.

Quand j’ai animé ma séance avec le module sur le “harcèlement”, j’ai porté une attention particulière à ce jeune garçon qui s’est retrouvé à jouer le rôle “d’élève agresseur”. Son interprétation a été d’une très grande intensité. Et j’ai senti qu’elle a également été très libératrice. En effet, il avait enfin la possibilité de s’exprimer, dans un espace sécurisé, face à ceux qu’il subissait habituellement, afin de leur montrer et de leur faire entendre ce que ressent “l’élève victime” quand on agit avec lui avec méchanceté, agressivité et violence.

Ces séances se terminent sur l’étape de la réparation : j’accompagne les élèves dans la reconnaissance de leurs torts et dans la présentation des excuses vis à vis des élèves qui ont joué le rôle “de la victime”. Puis, nous abordons le sujet du “pardon”.

Par la suite, la CPE m’a confié avoir constaté une belle évolution chez le jeune garçon à tendance réservée et solitaire. Son attitude envers les autres élèves a changé. Et la grande différence qu’elle observait, c’est au niveau de la cour de récréation. Ce jeune garçon désormais circulait dans la cour en étant accompagné et plus seul. Il était maintenant en compagnie d’un autre élève qui correspondait au profil “d’élève victime”. Selon la CPE, l’élève initialement fragile, qui avait suivi mes ateliers, avait pris sous son aile un autre élève qui avait besoin de soutien. Et elle constatait qu’il était aussi devenu plus sûr de lui.

Cette situation à fait parti des bons résultats obtenus suite à ces ateliers médiation.

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